Les chaînes de la mémoire

Bienvenue sur KHCOM, le blog où vous pourrez lire le scénario complet de
Kingdom Hearts : Chain of Memories !



Ce blog est destiné aux fans du jeu qui ne possèdent pas de Game Boy Advance et qui voudraient quand même connaître l'histoire de ce jeu qui s'intercale entre le premier épisode et le second (qui devrait sortir chez nous courant 2006) sur Playstation 2.

Bien d'autres choses vont s'y rajouter progressivement, notamment les Rapports d'Ansem (tirés du premier Kingdom Hearts et de la version Final Mix exclusive au japon), le manga Kingdom Hearts en français (exclu mondiale), et bien d'autres choses !

Soyez patients, ça en vaut la peine !

Amusez-vous bien !

Une erreur de manipulation a provoqué la suppression de toutes les images des personnages dans les chapitres du scénario.
Celles-ci seront rétablies progressivement.
Toutes mes excuses pour la gêne occasionnée.

Dimanche 20 août 2006
ATTENTION
Sens de lecture japonais
(de droite à gauche et de haut en bas)







À SUIVRE...
par Conrad Maiden publié dans : Manga Chain of Memories
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Mercredi 19 juillet 2006
Nous l'attendions, nous l'avons enfin !

Pas le jeu, mais la date de sortie officielle de Kingdom Hearts 2 vient d'être dévoilée :
c'est le 29 septembre 2006 qu'il faudra vous ruer chez votre revendeur habituel pour acquérir ce petit bijou !



Soyez prêts !!!
par Conrad Maiden publié dans : Kingdom Hearts 2
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Mardi 11 juillet 2006
CHAPITRE 51 : Remplacement

Dans la salle blanche des hauteurs d'Oblivion, Axel, grand sourire aux lèvres, fait quelques pas vers Naminé, silencieuse sur sa chaise, les yeux vers le sol.

- Hé hé... Je sais exactement ce que tu ressens.

La fillette sursaute et lève la tête vers l'homme aux cheveux rouges.

- Ne te crée pas de faux espoirs. Les gens comme nous ne sont pas faits pour devenir des héros.

Consciente des paroles d'Axel, Naminé se replonge dans son mutisme.
Axel sourit alors mesquinement.

- Mais réfléchis, Naminé... Je suis sûr que tu dois pouvoir faire quelque chose...

Naminé ne répond rien. Elle n'a même plus la volonté de se battre pour changer son statut de marionnette de l'Organisation. Pourtant, elle sait qu'Axel n'est pas loin de la vérité et que de toute manière, elle n'est pas en position de désobéir à ses insinuations...





Pendant ce temps, Sora, toujours dépité par le comportement de Riku, avance dans les couloirs d'Oblivion avec ses deux compères.
Il s'arrête et baisse la tête.

- Pourquoi...?

- Je ne comprends pas. On veut la même chose, Riku et moi.

(il relève la tête vers ses amis)  - On veut aider Naminé, alors pourquoi est-ce qu'on se bat ?

- D'un autre côté, ce n'est pas la première fois que je me fâche avec Riku...

- Ca, c'est sûr !

- Les vrais amis se disputent toujours à un moment ou à un autre !








Sora hoche la tête.

- Oui, c'est vrai... Mais cette fois, Riku a l'air déterminé.

- Ne perds pas espoir, Sora ! Vous étiez inséparables, non ? Toi, Riku et Kai... Kai...

Donald s'interrompt, cherchant le nom de cette jeune fille.

- Et, heu, comment s'appelle-t-elle, déjà ?

Sora s'apprête à répondre quand il est pris d'un doute.

- Kai... Kai... Quack ? C'est bizarre, je ne retrouve pas son nom.

Jiminy sort alors de la poche de Sora.

- C'est terrible ! Nos souvenirs s'effacent.

(il se met à sautiller sur place) - Il faut faire vite, Sora. Je suis sûr que Riku et toi pouvez vous réconcilier.







Sora acquiesce.

- Tu as sûrement raison. Après tout, on était toujours ensemble tous les trois ! Moi, Riku...

Le nom de celle qu'il cherchait dans sa mémoire s'inscrit alors dans sa tête comme une évidence.

- Et Naminé.

par Conrad Maiden publié dans : Chain of Memories
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Mardi 11 juillet 2006
CHAPITRE 50 : Préférences

Débouchant sur un énième couloir du manoir Oblivion, le trio aperçoit Néo Riku qui semble les attendre.

- Tu as du mal à comprendre, on dirait ? Va-t-en, Sora !

Avançant vers celui qu'il croit être son ami, Sora prend une mine décontractée.

- Je ne partirai pas avant de vous avoir sauvés, Naminé et toi.

Le clone lui tourne le dos.

- Ha ! Qu'est-ce qui te fait croire que j'ai besoin qu'on me sauve ?

- Alors, pense à Kairi. Elle aussi, elle veut que tu rentres. Tu ne te souviens pas ?

Néo Riku fait de nouveau face à Sora.

- C'est toi qui ne te souviens pas. Je t'avais dit de veiller sur elle...

- ...quand on a fermé la porte des Ténèbres.







Sora, forcé d'admettre que c'est vrai, reste silencieux.

- Laisse tomber, Sora. Je ne rentrerai pas sur notre île et tu ne me feras pas changer d'avis.

- Il n'y a pas que Kairi ! Et tes autres amis, alors ?

- Je te les laisse. Il y a des années que j'ai oublié ces minables !

Sora est stupéfait par ses paroles.

- Tu te rends comptes de ce que tu dis ?

- Et toi, Sora, tu crois que tu te souviens d'eux ?

Sora sursaute alors qu'il n'en est plus aussi sûr.
- Bien sûr, je...









Il les a sur le bout de la langue, mais le jeune garçon a beau réfléchir, il ne parvient pas à remettre de noms sur des visages qui eux mêmes sembles déjà flous.
Néo Riku ricane alors que Sora baisse la tête de dépit.

- N'aie pas honte. C'est ce qui arrive quand on reste trop longtemps dans ce château.

Il fait quelques pas vers la sortie du couloir, et s'arrête pour tendre les bras au-dessus de lui, la tête tournée vers le plafond.

- On oublie tout ce qui est inutile et on ne souvient que de ce qui est important.

- J'ai redécouvert mon souvenir le plus cher, Sora.

- Je reste ici pour protéger Naminé. Rien d'autre ne compte !

Sora, d'abord choqué, reste un instant sans rien dire.

- Hé, Riku...

Il dégaine alors sa Keyblade.

- Et si je te rafraichissais la mémoire ?

Néo Riku se retourne vers Sora et dégaine lentement son épée, avec un sourire méprisant.

- Tu peux toujours essayer.









Le combat est un peu plus hargneux que leur précédent affrontement, chacun mettant un peu plus de colère dans sa volonté de soumettre son adversaire.
C'est finalement Sora qui parvient à essouffler le pantin.

- Grrr... (il range son épée) Dommage, Sora. Rien ne me revient.

- Tu devrais frapper plus fort.

Sora et ses amis rangent leurs armes à leur tour.

- Non, ça suffit.

Il avance d'un pas vers Néo Riku qui s'est relevé, l'air assuré malgré son souffle court.

- Allons, Riku... Arrêtons de nous chamailler et allons aider Naminé !

- Quoi ? Ensemble ? (il marque une pause, visiblement furieux) Ca ne m'étonne pas de toi ! Tu essaies toujours de me faire faire ce que tu veux.

- Hé, une minute ! Qu'est-ce que ça veut dire, ça ?

- Tu as dû oublier. Tu t'es toujours moqué de ce que je ressentais.








Il fait volte-face et quitte le couloir en courant.

Sora reste un instant sans rien dire, avant que la détermination ne prenne le pas sur ses doutes.

- Je ne te laisserai pas me repousser.

- Ce Riku est drôlement têtu ! Il a toujours été comme ça ?

- Quand tu auras aidé, Riku à retrouver la mémoire, vous redeviendrez vite amis.

Sora en est persuadé ; mais sa mémoire défaillante le tend à savoir que cela ne sera pas de tout repos.
par Conrad Maiden publié dans : Chain of Memories
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Dimanche 9 juillet 2006
CHAPITRE 49 : Chantage et tonnerre

Le trio finit par trouver une caverne à l'écart du palais, décorée sur ses murs par divers objets récupérés dans des navires naufragés.
Au milieu de ce musée hétéroclite se trouve la petite sirène qui fait dos à l'entrée de la grotte.

- La voilà !

Ariel pense à voix haute, n'ayant pas remarqué les visiteurs.

- C'est ma faute. Je n'aurais jamais dû prendre le trident de Papa.

- J'aurais dû savoir que ça allait mal tourner.

- C'est donc bien elle qui l'a volé !

- Chut ! Voilà quelqu'un !

- Ne t'inquiète pas ma petite. Tu as fait ce qu'il fallait.








Emergeant des ombres du fond de la grotte, une imposante créature mi-femme, mi-pieuvre aux cheveux blancs hérissés et au maquillage outrancier s'approche d'Ariel qui sursaute en entendant sa voix.

- Je parie que tu es prête à tout pour aider ton petit camarade.

- Le pauvre Polochon a été emmené dans le monde des humains. Ce n'est pas un endroit pour un petit poisson. Si on ne se dépêche pas, tu ne pourras plus le sauver.

Ariel porte la main à sa poitrine, choquée.

- Oh non !

- Et puis, tu ne me DONNES pas le trident, tu me le prêtes un moment.

- Tu peux sauver Polochon. Passe-moi le trident et je t'aiderai !

- Mais... Papa en a besoin pour défendre Atlantica.

Elle tourne le dos à la sorcière.

- Il faut que je réfléchisse, Ursula.








Ursula reste un instant sans rien dire, puis sourit.

- Pour moi, ça ne change rien.

Elle se détourne et fait quelques brasses vers la sortie, puis s'arrête.

- Mais pendant que tu es là à te tourner les nageoires...

- Ton ami doit esquiver les hameçons. Bon, viens me voir quand tu seras décidée.

La sorcière quitte la caverne, laissant la petite sirène dans un silence angoissé.

- Que faire ?

- Ne fais pas confiance à Ursula en tous cas.








Ariel sursaute en voyant Sora et ses amis pénétrer dans sa grotte.

- Vous êtes là depuis longtemps ?

Sora met ses mains derrière sa tête.

- Oui, assez longtemps.

- Sora a raison ! Tu dois te méfier de cette sorcière des mers. Elle prépare un mauvais coup. Ca se lit sur son visage.

- C'est bien vrai !

- Mais je ne sais pas où se trouve Polochon. Seule Ursula peut m'aider.








- Et nous, alors ?

- Allons parler à Ursula. Tu ne devrais pas y aller toute seule.

- C'est vrai ? Vous venez avec moi ?

- Et comment ! Je sais ce que c'est quand un ami a des ennuis. Allons-y !

Le groupe quitte alors la caverne en direction de la tanière de la sorcière.










Ariel et ses amis atteignent l'antre d'Ursula. Celle-ci semblait attendre Ariel.


- Oh, comme c'est gentil d'être passés.

- Tu t'es décidée, ma belle ?

- Je ferai n'importe quoi pour Polochon. Mais je ne sais pas si tu es sincère. Tu as dit qu'on pourrait le sauver si je te donnais le trident. Eh bien, prouve-le !

- Mais bien sûr ! Regarde !









Elle fait un geste de la main et un gros poisson jaune rayé de bleu apparaît.
Ariel a à peine le temps de reconnaître son ami que la sorcière s'interpose entre elle et lui.

- Ariel !

Donald trépigne de colère.

- Je savais bien qu'il y avait anguille sous roche !

Ursula avance vers Ariel.

- Voilà. Si tu veux ton ami Polochon, donne-moi le trident.

Ariel hésite un instant, puis s'avance vers la sorcière et lui remet le trident.
Une fois ses mains dessus, la sorcière éclate d'un grand rire sadique.

- Ha ha ! Enfin, il est à moi !

- Je règne sur tous les océans !

- Libère Polochon !

- Avec joie. Je suis d'humeur généreuse.









Elle laisse la voie libre au poisson qui nage se réfugier derrière la petite sirène.

- Mais au fait... Tu as toujours voulu connaître d'autres mondes, n'est-ce pas ?

- Eh bien, je sais dans lequel t'envoyer ! (elle tend son trident vers la jeune fille) Hélas ! Ce sera un aller simple !

Le sol de la grotte se met à trembler et Ursula devient gigantesque, défonçant le plafond de la caverne.

- L'océan et tous ses habitants se prosterneront devant moi !










Sora dégaine sa Keyblade et avance vers la sorcière.
Esquivant souffle destructeur et contrant éclairs en rafales, aidé de ses amis et de la petite sirène, Sora finit par vaincre la sorcière des mers qui s'évanouit dans un épais nuage d'encre.
Une fois celle-ci dissipée, Sora récupère la carte qu'elle a laissé.
Polochon s'avance alors vers Ariel, penaud.

- Ne te fâche pas, Ariel. Ursula m'a piégé.

- Polochon, ce qui compte, c'est que tu sois vivant.

- Il ne reste plus qu'à rapporter le trident et tout rentrera dans l'ordre.

- Et si le roi découvre que c'est toi qui l'a volé ?

La sirène adresse un sourire au jeune garçon.

- Je serai punie pour des siècles.

- Ariel, Ariel ! Où es-tu ? Si tu m'entends, réponds-moi !







Ariel et Polochon font volte-face vers l'entrée de la caverne.

- C'est Sébastien ! Il a fait tout ce chemin pour me retrouver.

- Oui, et quand il t'aura mis la pince dessus, tu passeras un mauvais quart d'heure !

- J'ai trouvé ! Tu n'as qu'à dire que c'est Ursula qui a volé le trident !

- Et que tu l'as récupéré toute seule. Comme ça, tu n'auras pas d'ennuis !

- J'y avais bien pensé ! Mais... je ne peux pas faire ça.









Sora affiche une mine perplexe.

- Je ne veux pas être punie, c'est vrai... Mais je refuse de mentir. Je ne peux pas.

- Je sais que j'ai mal agi. (elle se tourne vers les autres) C'était une erreur de prendre le trident.

- Mais je l'ai fait parce que je voulais aider Polochon. Et ça, j'en suis fière.

(elle se retourne vers Sora) - Accuser quelqu'un d'autre me priverait de cette fierté. Alors, je vais dire la vérité.

Sora reste pensif. Jiminy sort de sa poche et sautille sur place.

- Elle a raison, Sora ! L'honnêteté est toujours la meilleure des solutions.

Sora met ses mains derrière sa nuque.

- Hé, je plaisantais ! Génial... Maintenant, c'est moi qui suis grondé.
par Conrad Maiden publié dans : Chain of Memories
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Samedi 8 juillet 2006
CHAPITRE 48 : Mystères aquatiques


Le trio débouche au fond d'un océan rempli de coraux et de coquillages colorés.
Chacun regarde autour de lui d'un air étonné.

- Oh, on dirait le fond de l'océan.

(bras croisés) - Ca m'en a tout l'air... Mais comment se fait-il qu'on puisse respirer quand même ?

- Hum... aucune idée. Peut-être qu'on nous a lancé un sort ?

- On croirait respirer de l'air.

- Mais on est dans l'eau. Regardez ! Quelqu'un nage vers nous !







Une jeune sirène aux longs cheveux roux nage en effet jusqu'au trio.
Visiblement mal à l'aise, elle s'arrête un instant, puis avance jusqu'à leur hauteur.

  - Si on vous pose la question, vous ne m'avez pas vue !

- Quoi ?

- Je n'ai pas le temps de vous expliquer, désolée. Promettez-moi de ne rien dire.

Brusquement, une lueur blanche émane du cou de la sirène. Elle sursaute et fait volte-face, regardant derrière elle.

- Hé ! C'est quoi ce machin qui fait des étincelles ?

- Euh... rien, rien du tout ! N'oubliez pas, vous ne m'avez pas vue !

Elle s'éclipse alors, nageant à toute vitesse loin de Sora et ses amis.

- Elle cachait quelque chose.

- Je me demande bien ce que c'était.








Le trio se met en route, en direction de la silhouette d'un gigantesque palais élancé, au loin.


Sora et ses amis arrivent dans la salle du trône du palais d'Atlantica.
Devant le trône vide, ils aperçoivent un petit crabe rouge en train de faire les cent pas, visiblement préoccupé.

- Pauvre de moi...

- Ca ne va pas ?

- Rien ne va ! On a volé le trident magique du roi. Atlantica est sans défense. Et pour couronner le tout, la princesse Ariel a disparu. Le roi Triton est très inquiet. Il ne quitte plus ses appartements.

- Ariel ? Elle a disparu ?

- Polochon, son ami, saurait sûrement la retrouver... Mais lui aussi a disparu.







Le crabe fait quelques brasses alors que Sora se creuse la cervelle en croisant les bras.

- Attendez... Ce n'est pas Ariel que nous venons de voir ?

- Si. Mais elle avait l'air gênée de nous rencontrer. Dites, c'était quoi l'objet qu'elle transportait ?

Sora a l'impression de soudainement voir les pièces commencer à se rassembler.
Jiminy sort de sa poche, comme pour confirmer ses doutes.
- Tu ne crois quand même pas que c'était le trident ?

- Peut-être bien, après tout.

- Ca voudrait dire qu'Ariel l'a volé !

- Il doit y avoir une explication.







Le crabe, de son côté, continue de se morfondre en tournant en rond.

- Oh, Ariel ! Mais où es-tu encore passée ?! S'il t'arrive malheur... Tout est de ma faute ! Sebastien, tu es le plus mauvais gardien du monde ! Et si elle s'était enfuie à cause de mes reproches ? Le Roi Triton me bannira pour toujours !

Sora croise ses mains derrière sa tête.

- Il va se ronger les pinces si on lui dit qu'Ariel a pris le trident.

- On va devoir régler cette histoire nous-même.

Le groupe quitte alors le palais à la recherche de la petite sirène...

par Conrad Maiden publié dans : Chain of Memories
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Mercredi 5 juillet 2006
CHAPITRE 47 : Retrouvailles agressives

Alors que le groupe atteint le couloir, ils se figent. Devant eux, à quelques mètres à peine, se tient Riku.

- Mais... c'est...

Il écarquille les yeux, persuadé que ses sens lui jouent des tours. Mais non, impossible de se tromper.

- Riku ?!

Le trio court à sa rencontre.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

Riku marque un temps avant de répondre.

- Ne fais pas semblant d'être content, Sora.

- Dis-moi plutôt si j'interromps quelque chose d'important.







Sora est stupéfait par la réaction de son ami.

So stu - Non, bien sûr que non ! Je voulais seulement...

- C'est bon. Je parie que tu m'avais complètement oublié.

Sora, outré par cette insinuation, se penche vers Riku.

- Tu plaisantes ? J'ai fait tout ce chemin pour te trouver, TOI !

Riku reste un instant sans répondre, le visage imperturbable.

- Mais plus maintenant, n'est-ce pas ? À présent, c'est Naminé par-ci, Naminé par-là. Tu te moques autant de moi que des sentiments de Naminé.

So stu - Qu'est-ce que tu racontes ?

Riku met un poing sur sa hanche.

- Tu n'y as jamais pensé ?

- Ce n'est pas parce que tu veux rencontrer Naminé qu'elle a, elle aussi, envie de te voir.

- Très drôle.

- Je ne plaisante pas ! Naminé n'a pas du tout envie de te voir.







Sora n'en croit pas ses oreilles. Comment des paroles si cruelles peuvent-elles être prononcées ainsi par son meilleur ami, après tout ce temps à avoir été séparés ?

- Pourquoi ça ?

- Interroge ta mémoire. Essaie de te souvenir pourquoi Naminé a quitté notre île...

Sora, ne pouvant se fier qu'à ses souvenirs récents, est dans l'incompréhension la plus totale.

- Pourquoi ? J'ai fait quelque chose ? C'est ma faute ?

Riku, le visage dur, garde le silence en fixant le jeune garçon.

- Riku...

- Va-t-en, Sora. Je veillerai sur Naminé. Quiconque osera s'approcher d'elle...






Un voile de Ténèbres entoure Riku l'espace d'un instant et il se retrouve sous sa véritable forme de Néo Riku, vêtu de sa combinaison noire et pourpre, son épée brandie vers Sora.

- ... devra d'abord me passer sur le corps.

- C'est quoi ton problème ? On se retrouve enfin, et c'est comme ça que tu m'accueilles ?

- Depuis quand tu tiens à moi ?

- Naminé n'est pas la seule à te détester.







Sora se souvient de cette époque où Riku, possédé par Ansem, arborait la même tenue. Il ne peut croire que son ami puisse être encore sous l'emprise des Ténèbres.
Il a à peine le temps de prendre cette pensée en considération que celui qui fut son ami lui fonce dessus, prêt à en découdre.

- Riku, non !

Sora bloque le coup d'épée de Néo Riku avec sa Keyblade tenue à deux mains.
Néo Riku pousse, tentant de faire céder Sora. Celui-ci tient autant qu'il le peut, puis assène un coup de pied à son adversaire, le déstabilisant un instant.
Il tente de lui asséner un coup de Keyblade sur le même mouvement, mais Néo Riku effectue un saut périlleux arrière de trois mètres de hauteur et se retrouve aux portes de l'escalier.
Il semble hésiter un instant, puis, jetant un regard méprisant à Sora, il fait demi-tour et court dans les escaliers.

- Riku ! Hé ! Attends !

Mais il est déjà parti sans laisser de trace, laissant le jeune garçon triste et perplexe.
Ses deux amis s'aprochent de lui.

- Oh, qu'est-il arrivé à Riku pour qu'il te dise ça ?

Donald tire alors Sora par la manche.

- On ferait bien de poursuivre Riku !

Sora acquiesce, prend une profonde inspiration et s'élance, encadré de ses comparses, court vers l'escalier.
Il les devance, voulant à tout prix retrouver Riku et comprendre ce qui a bien pu lui arriver pour qu'il change à ce point.
Arrivant au palier suivant, il constate que son ami a déjà disparu.

- Riku ! Où es-tu ?

Seul le faible écho de la pièce renvoie sa question comme seule réponse. Le jeune garçon baisse la tête, dépité.
Donald et Dingo entrent à leur tour.

- Sora, ça va ?

-Ne t'en fais pas pour moi. Qu'est-il arrivé à Riku ?

Jiminy sort de sa poche et se tourne vers Sora, le visage sérieux.

- Il était vraiment bizarre. On aurait dit qu'il était sous l'emprise des Sans-coeur.

Sora se penche vers lui, agacé.

- Impossible ! Ansem le contrôlait autrefois, mais c'est fini. On s'en est occupés.

Donald croise les bras, se creusant la cervelle.

- Alors je me demande ce qu'il a...








Le canard sursaute soudain.

- Dites... Le Roi n'était pas censé être avec Riku ?

- S'il est arrivé quelque chose à Riku, le Roi est peut-être en danger. Il faut l'aider !

Sora se tourne vers Donald, pris soudain d'un intense sentiment d'impuissance, ne parvenant même pas à regarder son ami dans les yeux.

- Ouais...

Il ne parvient à rien ajouter de plus, se sentant pathétique et inutile.

- Sora...

- Hé, Riku est toujours ton ami, tu sais.







Sora relève la tête et se tourne vers Jiminy, les yeux écarquillés.

- Tu crois ?

- Je sais qu'il a dit des choses horribles.

- Mais souviens-toi... on est dans le manoir Oblivion. Ici, les gens perdent progressivement la mémoire. Riku a sûrement oublié que vous étiez amis. Voilà tout.

Sora sent alors un espoir inattendu gonfler son coeur.

- Alors ce n'est pas qu'il ne m'aime pas... Il a seulement oublié ?

- C'est ce que je crois. Ne sois pas triste. Nous allons trouver un moyen pour que Riku retrouve la mémoire.

- Ce n'est pas ton genre de broyer du noir. Nous pouvons résoudre ces problèmes ensemble.







- Jiminy a raison. Ne repousse pas tes amis !

Sora marque un temps, puis hoche vigoureusement la tête.

- Bon... d'accord.

- Non, non, NON ! Ce n'est pas comme ça que doit parler un maître de la Keyblade !

Sora se tourne vers Donald, surpris.

- Hein ? Ah, je vois ! Que dis-tu de ça...

Sora s'avance jusqu'au pied des marches du palier, se tourne vers ses amis et brandit sa Keyblade au-dessus de sa tête.

- Je sauverai Naminé, Riku ET le Roi ! Le tout, sans les mains !

- Ah, ça va mieux, là !







En prise à son excitation, Sora agite sa Keyblade, mimant un combat.

- Les Sans-coeur ? Peuh ! Forces du mal, je vous attends de pied ferme !

Jiminy sautille sur place, enthousiaste.

- Bien, bien ! Là, tu es héroïque !

Donald se tourne vers Dingo.

- Eh bien, il sait vraiment se motiver !

- Ouaip, c'est notre Sora ! Je suis content que le Sora joyeux soit de retour !
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Mercredi 5 juillet 2006
CHAPITRE 46 : Importances

Seule dans la grande salle blanche des hauteurs d'Oblivion, Larxene observe Naminé qui se tient assise sur sa chaise, tête baissée, silencieuse.
Elle la regarde de dos.

- Pourquoi cet air maussade, Naminé ? A quoi penses-tu ?

La fillette ne dit rien. Elle ne veut rien dire, de toute manière, elle sait que ça ne changerait rien.
Larxene apprécie ce sentiment de soumission qui émane de la fillette, elle ne peut s'empêcher d'enfoncer le clou.

- Ca t'embête de brouiller les souvenirs de Sora ? A moins que...

- Ca suffit, Larxene !







Le pantin de Vexen, fraîchement remis de son conditionnement mémoriel, entre dans la pièce et s'avance jusqu'à la fillette et se place à côté d'elle, face à Larxene.

- Naminé veut oublier Sora.

- Comme c'est surprenant...

Neo Riku se tourne vers Naminé.

- Ne t'en fais pas, Naminé. Je vais chasser tout ce qui te fait du mal.

Il sort de sa poche un porte-bonheur en forme d'étoile (en tous points identiques à celui que Sora a retrouvé dans sa poche au contact de Larxene) et le lui montre.

- Je le jure sur le porte-bonheur que tu m'as donné.

Naminé reste silencieuse, elle ne le regarde même pas.
Le jeune garçon range le porte-bonheur dans sa poche.

- Je reviendrai.







Il se détourne alors et quitte la pièce.
Larxene reste un moment sans rien dire, fascinée.

- Stupéfiant ! C'est comme si tu avais reconstruit son coeur !

- Le porte-bonheur était particulièrement bien vu. J'ignorais que tu pouvais utiliser les souvenirs des gens pour transformer les cartes en objets.

Elle avance d'un pas, jusqu'à se retrouver directement derrière la chaise de la fillette.

- Comme tu l'as fait avec le porte-bonheur de Kairi...

- Sora aura bientôt oublié cette fille. Tu n'auras plus qu'à le...

- Il ne l'oubliera pas.







La voix frêle mais convaincue de la fillette surprend Larxene, habituée à son silence.

- Je peux modifier sa mémoire autant que je le veux, Sora n'oubliera jamais Kairi. Ses souvenirs de moi ne feront que renforcer ses sentiments pour Kairi. Parce que... Parce que je suis son ombre.

Larxene reste un instant sans rien dire, mais elle fronce soudain les sourcils face au pessimisme de la fillette.

- Et alors ? C'est une très bonne raison pour ne pas échouer.

- Réécris le coeur de Sora et tu pourras être quelqu'un. Pas seulement l'ombre de quelqu'un.

- Dans le coeur de Sora, tu seras réelle.

Naminé replonge dans son silence, partagée entre l'évidence et l'espoir de croire encore qu'elle pourra vraiment être quelqu'un pour Sora et qu'il la libérera de sa prison.
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Mercredi 5 juillet 2006
CHAPITRE 45 : Quête nonchalante

Sora court dans le couloir, loin devant ses deux compères.

- Sora, ralentis un peu !

Sora s'arrête et se retourne, agacé.

- On n'a pas le temps ! Naminé est prisonnière. Nous devons la sauver.

Il se retourne et se remet à courir vers le palier suivant.
Donald et Dingo s'arrêtent à quelques pas de lui, à bout de souffle.

- Pfff pfff... Sora a l'air bien décidé.

- C'est normal ! Au moment où il se souvient enfin de Naminé...

- Il apprend qu'elle est enfermée dans ce manoir !







- Tu as raison. Si on découvrait que le Roi est en danger, on ressentirait la même chose.

Donald et Dingo avancent dans la direction de Sora en marchant, décidés à suivre leur ami et à le soutenir du mieux qu'ils le pourront.

Mais le temps qu'ils le rejoignent, le jeune garçon a déjà franchi la porte suivante.





Sora pénètre seul au milieu d'une forêt ensoleillée, sur un large sentier fleuri. Pensant qu'il s'agit d'un nouveau tour des cartes, il ne s'inquiète pas de l'absence de ses compagnons et suit le sentier.
Au loin, devant lui, un gros ours en peluche portant une chemise rouge fait les cent pas, s'arrêtant de temps en temps pour regarder autour de lui d'un air distrait.
Le garçon arrive à sa hauteur et se penche vers lui.

- Qu'est-ce qui t'arrive, petit ourson ?

La peluche tourne la tête vers Sora.

- Je cherche mes amis.

- Ils sont par ici ? (il regarde les alentours) On dirait bien qu'il n'y a personne.

- Alors c'est sans doute personne que je cherche.

Sora croise les bras, intrigué par le raisonnement de l'ourson.

- Hein ? Tu cherches personne ?








L'ourson croise les bras et tapote son front pensivement.

- C'est ça. Je cherche, mais ça ne mène nulle part. (il se laisse tomber sur le derrière) Et ça me donne faim. Je me demande s'il y a du miel par ici. Mais si je me mets à manger, je devrai m'arrêter de chercher...

Sora réfléchit un instant, puis se penche à nouveau vers l'ourson.

- Nous pourrions chercher tes amis ensemble...

- Chercher personne, tu veux dire ?

- Mais non ! Tes amis. Ils sont peut-être dans le coin. A nous deux, on les trouvera sûrement.

La peluche écarquille les yeux.

Winnie - Tu cherches aussi mes amis ?

Sora croise ses mains derrière sa tête.

- Non, je cherche les miens.

Winnie (toujours étonné) - Ce sont des amis de Winnie ? Mais... Winnie, c'est moi... pas toi.

- En effet. Je suis Sora ! Mes amis sont différents des tiens.

- Mais je sais ce qu'on ressent quand on est séparés d'eux. Alors pourquoi ne pas chercher nos amis ensemble ?

Winnie (souriant) - Très bonne idée !

Il se lève et les deux compagnons se mettent en marche.

En marchant, Sora et Winnie passent près d'un lapin en peluche jaune qui semble affairé à ranger ses légumes en les amenant d'un bord à l'autre du chemin. Sora tente de lui parler, mais le lapin reste concentré sur son travail.


- Carottes, choux, oignons... Tous mes légumes doivent être bien triés.

Sora regarde Winnie qui, lui non plus, ne prête pas attention au lapin, le nez en l'air.
Le garçon hausse les épaules et aperçoit une brouette en bois pleine de choux au bord du chemin.
Pensant bénéficier d'un meilleur point de vue sur le chemin qui semble continuer à perte de vue entre les arbres, Sora grimpe dessus.
Alors qu'il met sa main en visière pour protéger ses yeux du soleil, il sent la brouette s'ébranler sous ses pieds.
Avant de comprendre ce qu'il lui arrive, un craquement précède l'effondrement de la brouette, son essieu brisé.
Lorsque Sora regarde à ses pieds, il voit que Winnie l'avait rejoint et en déduit que la brouette n'a pas supporté son poids combiné à celui de l'ourson.
Le lapin, tout à son travail, ne semble avoir rien remarqué.
Sora s'éloigne alors discrètement, suivi de Winnie qui ne semble pas plus perturbé que ça.

Un peu plus loin, Sora remarque un tout petit porcelet en peluche qui semble chercher à se cacher en le voyant arriver.

- Oh !

Il recule précipitamment en balbutiant.

- N... n... non, non... personne, je ne suis personne... Ne fais pas attention à moi !

- Tu n'es pas un ami de Winnie ?

- N... Non ! Heu, non... je ne suis pas un ami de Winnie... Je suis...

Winnie arrive alors de derrière Sora en souriant.

- Oh, bonjour Porcinet !

- Oh ! C'est toi, Winnie !









Il court vers lui.

- Enfin quelqu'un que je connais ! Me voilà rassuré... Je me suis retrouvé tout seul. J'étais très inquiet, je ne savais pas quoi faire.

Sora croise les bras.

- Je comprends mieux pourquoi tu avais l'air si nerveux.

- Porcinet, viens donc avec nous chercher nos amis !

- Comment ? Oh, je ne sais pas...

Le porcelet réfléchit, visiblement un brin effrayé à l'idée de partir à l'aventure.

- Oh là là... je ne sais pas quoi faire !

Sora se tourne vers Winnie.

- On dirait qu'il ne veut pas nous accompagner. Allons-y, Winnie !







Winnie et Sora entament leur départ quand Porcinet les appelle.

- Oh ! Attendez !

Il court jusqu'à eux.

- T'es-tu finalement décidé ?

- Euh, non... il faut que je réfléchisse encore. Mais j'ai trouvé quelque chose d'étrange dans les buissons. Je ne sais pas quoi en faire. Prenez-la !

Sora saisit la carte que lui tend Porcinet et l'ajoute à son deck.
Après l'avoir remercié, les deux amis reprennent leur recherche.

Sora aperçoit, perché sur la plus haute branche d'un arbre, un grand hibou qui ne semble pas les avoir remarqué.

- Ohé !

Pas de réponse.
Sora se retourne pour demander à Winnie s'il connaît ce hibou mais se fige : l'ourson vient de saisir une grappe de ballons de baudruches accrochés à une souche et commence à s'élever au-dessus du sol.
Sora court pour le rattraper...
Trop tard : la peluche poursuit nonchalamment son ascencion, hors d'atteinte du jeune garçon qui ne peut que l'observer avec inquiétude.
Il aperçoit alors le hibou d'envoler à la suite de Winnie, agripper celui-ci délicatement par les épaules et le faire descendre aux pieds de Sora, avant de se poser sur une souche près d'eux.

- Tout va bien, Winnie ?

Winnie (souriant) - Oh, je m'amuse comme un fou, Maître Hibou. Je pourrais continuer ainsi toute la journée.

- Tu devrais peut-être utiliser un ballon pour chercher tes amis.

- Détrompe-toi, mon jeune ami. Les ennuis ne feront que commencer lorsque vous les trouverez.

Devant l'incompréhension de ses deux interlocuteurs, le hibou s'explique.

- Lorsque tu auras repéré tes amis, comment les rejoindras-tu ? Un ballon vole au gré du vent. Tu ne peux pas le diriger. Que feras-tu si tu aperçois tes amis et que le vent t'en éloigne ? Mieux vaut chercher ses amis longtemps que de les trouver rapidement sans pouvoir les rejoindre.

(bras croisés) - Tu as raison.

- Pour retrouver quelqu'un, rien ne vaut une bonne paire de pattes.

- Imagine ta joie de tomber soudain sur un ami, à l'endroit où tu t'y attends le moins.








Winnie (pensif)
- C'est exactement ce que je ressens quand je tombe sur un pot de miel.

- Tu as compris, Winnie ! Le secret, c'est de ne pas s'arrêter et de regarder partout !

Winnie (souriant) - D'accord, Maître Hibou, c'est ce que je vais faire. Je suis impatient de retrouver ce miel...

Le hibou semble un brin dépité que l'ourson n'ait pas vraiment saisi l'essence de son message.

- Ne t'inquiète pas, Maître Hibou. Je vais aider Winnie à retrouver ses amis.

- Formidable ! Prenez ceci. Ca vous aidera à aller plus vite.

L'oiseau bat des ailes et envoie une carte à Sora qui l'ajoute à son paquet.
Après l'avoir salué d'un signe de main, les deux compagnons se remettent en route.

Un peu plus loin, ils tombent sur une longue piste d'empreintes de pas.
Winnie, le nez vers le sol, les suit attentivement jusqu'à chuter au fond d'un trou.
Sora, penché sur celui-ci, n'a pas le temps de tendre la main vers son ami qu'il distingue une grosse masse remonter lentement du fond du trou.
S'en écartant, il en voit émerger une grappe de ballons à laquelle est accroché Winnie... aux pieds duquel s'agrippe un jeune kangourou en peluche vêtu d'une chemise bleue.
Lâchant les ballons, ils atterissent tous deux près de Sora.

- Petit Gourou ! Que faisais-tu dans ce trou ?

- J'étais si occupé à chercher Tigrou que je suis tombé dedans.

- Pourquoi n'as-tu pas sauté hors du trou ?

- J'attendais que Tigrou arrive.

- S'il était tombé à son tour, Tigrou aurait été bien surpris de me voir ! Ca aurait pu être amusant, non ?







Sora croise ses mains derrière sa tête.

- Mais il n'est pas tombé dedans...

Winnie (souriant) - Tigrou est plutôt du genre à bondir au-dessus des obstacles.

- ... Pour tout vous dire... Je commençais à me sentir seul et à en avoir assez de l'attendre.

(bras croisés)- Alors pourquoi n'essaies-tu pas de le retrouver ?

- Oh oui ! Bonne idée.

Le petit kangourou s'apprête à partir, puis s'arrête et retourne vers Sora et Winnie.

- J'avais presque oublié... (il fouille dans sa chemise et en tire une carte) Regardez ce que j'ai trouvé dans le trou ! Prenez-le !

Sora récupère la carte et Petit Gourou s'en va en bondissant sur le sentier.




Après plusieurs minutes de marche, au cours desquelles Sora et Winnie ont croisé le tigre en peluche Tigrou, trop occupé à bondir de souche en souche en riant pour les remarquer, ils aperçoivent un âne en peluche à l'air morose qui semble ne pas vouloir bouger de sa place.
S'approchant de lui, Sora lui demande les raisons de son état.

- Sans ma queue, je ne peux rien faire...

Alors que le jeune garçon commence à fouiller les alentours à la recherche de la queue de l'âne, Winnie, attiré par une odeur de miel, marche jusqu'à un arbre de l'autre côté du sentier.
Un bourdonnement puissant précède alors de quelques secondes la sortie en trombe d'un essaim d'abeilles de la ruche accrochée à l'arbre.
Winnie s'enfuit en courant, coursé par l'essaim en furie, et plonge dans les buissons à proximité de Sora et Bourriquet qui s'étaient préalablement cachés en entendant les abeilles.
Dans sa chute, l'ourson se heurte au tronc d'un arbre.
Une espèce de lanière de tissu grise terminée par un plumet de crin noir attaché par un ruban rose tombe alors de l'une de ses branches.
Une fois les abeilles disparues, Sora la ramasse en souriant et l'accroche au derrière de l'âne à l'aide de la punaise fixée dessus.
Winnie, assis par terre, se frotte la tête.

Winnnie - Oh, ma pauvre tête...

- Merci beaucoup, Winnie.

Winnie (surpris) - De rien, Bourriquet. Mais... pourquoi me remercies-tu ?

- Parce que tu as foncé dans cet arbre et récupéré ma queue.

Winnie se remet sur ses pieds.

- Eh bien, j'essayais seulement d'échapper à ces abeilles.

(il sourit) - J'avais envie d'un peu de miel...

- Oh, c'est donc ça. En tout cas, tu m'as rendu un grand service.

(croise ses mains derrière sa tête) - Moi aussi, j'ai cru qu'il y avait du miel dans cet arbre. On ne pensait pas y trouver ta queue.







- Oh, c'était juste un accident alors. Ca ne m'étonne pas. Qui aurait vraiment envie de m'aider ? Mais merci quand même, Winnie et Sora.

- De rien, Bourriquet.

- Voici quelque chose pour vous.

- Hé, pas besoin de cadeau, Bourriquet ! Ce n'était qu'un accident.

- Peut-être, mais il est tombé avec ma queue. C'est un cadeau accidentel.

Bourriquet tend une carte à Sora qui la range dans son deck.

- Eh bien, merci de m'avoir aidé accidentellement, Sora. Merci à toi aussi, Winnie.







En chemin, Sora remarque un groupe de souches d'arbres ; l'atmosphère s'y prêtant, Sora joue à faire sauter Winnie de souche en souche.
Soudain, les deux compères entendent un bruit semblable à un ressort bondissant de plus en plus proche d'eux.
Un tigre en peluche orange rayé de noir à la mine enjouée s'approche d'eux.
Il leur parle avec un léger cheveu sur la langue

Tigrou - Je vois que vous avez envie de bondir avec moi, n'est-ce pas ?

Winnie (tout sourire) - Tu as vu comme j'ai bondi ? C'est Sora qui m'a montré.

Tigrou (souriant) - Y a de l'idée, mon pote ! Mais tu as encore des choses à apprendre !

- Comment ça ?

Tigrou (extatique) - Ne cherche pas à faire comme moi, même si tu admires ma façon de bondir ! Essaie toutes sortes de bonds ! Crée ton propre style !

(il sourit) - Je suis Tigrou, et tu es toi ! C'est ça qui est drôle.

Sora se penche vers le tigre.